Lundi 30 Juin, s’est tenue la première des rencontres Aixoises de la Santé, dont l’objet était de faire l’état des lieux de la santé dans notre ville, d’expliquer les problématiques et de proposer des pistes de réflexion et de réorganisation.
La population aixoise et de la Communauté d’Agglomération du Lac du Bourget n’a pas été indifférente à ces rencontres puisque la grande salle des congrès fut remplie à plus d’un tiers. Bien sûr la majorité des participants était constituée par une population médicale et paramédicale directement intéressée, en l’occurrence le personnel de la clinique Herbert et de la maternité de l’hôpital.
Et ce fut surtout celle-ci qui donna le ton à la soirée.
La première partie de la soirée, animée par Thomas LANIER, consista à faire un tour de table des invités, tous experts dans leur domaine :
Dr Philippe VITTOZ Président du conseil de l’ordre départemental des médecins, qui évoqua la problématique aiguë du déficit de médecins : 1/3 de ceux–ci auront plus de 60 ans dans les dix ans avenir et ne seront que partiellement remplacés du fait de la limitation (numerus clausus) des étudiants reçus en deuxième année de médecine et de son fort taux de féminisation (>50%) ; celle-ci entraînant des changements de comportements (temps partiel, salariat). Ces futurs médecins ne souhaitent plus exercer leur métier comme un sacerdoce, souhaitant partager leur vie entre leur métier et leur famille.
Déjà les effets se font sentir dans certaines professions comme la psychiatrie, la pédiatrie, l’ophtalmologie, mais aussi la chirurgie et plus particulièrement les médecins obstétriciens (médecins accoucheurs).
Les médecins généralistes, directement en contact avec la population, commencent déjà à manquer dans certaines régions mais aussi dans certains quartiers des grandes agglomérations. Le souhait du gouvernement de réduire les secteurs médicaux de garde en est la traduction la plus visible (cf. ; article de Pierre LASTERRA du D.L du 03.07.2008).
Le Dr VITTOZ a évoqué des pistes de solutions qui se mettent en place comme les maisons médicales de premiers recours et les maisons médicales pluridisciplinaires.
Mr Guy Pierre MARTIN Directeur du centre hospitalier de Chambéry a évoqué la collaboration entre les services hospitaliers d’Aix les bains et de Chambéry pour, en regroupant des services, obtenir une qualité de service et des plateaux techniques à la pointe. Il a pris pour exemple le regroupement des services de rhumatologie sur Aix Les bains, zone de compétence en la matière grâce à l’Hôpital de la reine Hortense et aux Thermes nationaux. Il a évoqué la possibilité de nouveaux regroupements en concertation avec les différents partenaires et pour l’amélioration de la qualité des soins.
Interpellé sur le devenir de la maternité d’Aix les bains et le risque de voir un regroupement avec la maternité du centre hospitalier (pour la partie « service public »), il évoque la possibilité d’une maternité CPPR (Centre Périnatal de PRoximité)) pour un maintien d’une structure à l’hôpital d’Aix les Bains. (cf. article du 22.01.2008 sur le site Aix Élan)
Mr Alain MONTAGNE directeur du Centre hospitalier d’Aix les Bains a fait un rapide état des lieux de l’hôpital et de la maternité, mettant en exergue la qualité de cette dernière et de son personnel à la plus grande satisfaction des personnels présents à cette soirée.
Ensuite il a présenté le service médical, comme un service de pointe notamment en oncologie (cancérologie), service qui collabore avec la clinique Herbert pour les soins de suite après la chirurgie des cancers.
Par la suite il a évoqué les contraintes budgétaires importantes auxquelles sont soumis les hôpitaux :
Contraintes imposées par l’état à travers l’A.R.H (Agence Régionale de l’Hospitalisation)
Contraintes déclinées à partir du S.R.O.S (Schéma régional de l’Organisation des Soins)
www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/sros3
Il fut alors évoqué le déficit chronique du service de maternité qui ne pourrait être éternellement supporté par l’hôpital bien qu’il n’y ait pas nécessité que tous les services soient équilibrés. Il s’agit surtout d’un équilibre global à obtenir pour l’hôpital, équilibre qui n’est pas obtenu à ce jour.
Il rappelle d’ailleurs qu’actuellement la très grande majorité des hôpitaux se trouvent en déficit.
Mr GALLA Directeur de la Direction des affaires Sanitaires et Sociales : il a eu a la difficile tâche de représenter le ministère de la santé dans ce tour de table. Évoquant le rôle des ARH et des SROS, il a rappelé que les schémas d’organisation des soins étaient élaborés après une longue concertations avec les professionnels médicaux, les experts, mais aussi les représentants élus de ville hospitalière et que les décision n’étaient jamais prise « ex-abrupto » .
Ces décisions sont prises pour des raisons économiques et en vue de sauvegarder notre système de santé « pour tous » tel qu’il existe actuellement. Elles s’attachent aussi à préserver la qualité et surtout la sécurité des soins ; sécurité pouvant être remise en question dans les hôpitaux de petite et moyenne taille lorsque l’activité est insuffisante.
Dr Yann Lebrun-Queris gynécologue à la maternité de l’hôpital : a rappelé le fonctionnement actuel des services de maternité en précisant que l’ARH séparait les maternités en deux types :
- maternité prenant en charge les grossesses à haut risque
- maternité prenant en charge les grossesses à bas risque ;
Les médecins et sage-femme de la maternité orientant les futures mères selon le schéma de l’ARH.
Il loua la qualité des soins de son service à la joie d’une partie de la salle.
Il rappela que la maternité d’Aix les Bains voyait sa sécurité sanitaire assurée par les chirurgiens et anesthésistes de la clinique Herbert.
Cependant il rappela les difficultés futures liées à la démographie médicale, et le départ proche de nombres de ses confrères et consœurs.
Dr BELLIER anesthésiste à la clinique Herbert rappela cette collaboration clinique hôpital qui fonctionne parfaitement, mais attira notre attention sur l’importance d’un regroupement des moyens, du partage des « frais » futurs pour un établissement plus grand et avec plus de médecins d’où l’indispensable nécessité d’attirer les futurs médecins (chirurgiens et anesthésistes) par des plateaux techniques modernes et des activités multiples, ce que ne permettra peut être plus l’hôpital.
Il rappellera aussi l’importance pour les futurs médecins du regroupement sur un seul site des structures de travail.
Mr Patrick VIGNOT Directeur de la clinique Herbert évoqua le projet de la future clinique regroupant la clinique Herbert avec la clinique générale de Savoie :
Malgré le refus de l’état d’accréditer l’ensemble des lits souhaités pour ce projet, Mr Patrick VIGNOT, nous confirma que le projet serait réalisé et ceci sur la commune de Drumettaz-Clarafond dont la situation géographique semblait la meilleur.(accessibilité, position centrale )
Il rappela les accords anciens et continus mis en place pour le partage des activités entre les médecins de l’hôpital et les médecins de la clinique : activité chirurgicale à la clinique et médicale à l’hôpital, décliné dés la prise ne charge des urgences et à l’occasion des soins de suite après la chirurgie.
La future clinique, dont l’ouverture est prévue pour début 2011 sera financée par le groupe « Générale de santé », groupe privé.
Dr DESCHAMPS Médecin, chef de service de « médecine » à l’hôpital d’Aix les Bains :
Évoqua la diversification de son service notamment en « oncologie » (soins en cancérologie) depuis 1983 : traitements chimiothérapiques de haute qualité, soins palliatifs…
Cette petite structure a permis la prise en charge « relais » du service Hospitalier de Chambéry et de la clinique Herbert et constitue une excellent « vase d’expansion » pour ceux-ci. Il évoque alors la nécessité, en cas de fermeture de l’hôpital, de préparer au moins deux à l’avance les « nouveaux lits » et la nécessité de créer une maternité de type CPPR .
Après ce tour de table, dont une partie fut inspirée par les questions du public, Thomas LANIER a permis à la salle de s’exprimer à travers questions et remarques dont
l’essentiel a tournée autour du devenir de la maternité.
Notamment, furent évoqués :
- le devenir des urgences : le Dr VITTOZ, ainsi que le directeur de l’hôpital de Chambéry exprimèrent la nécessité de la persistance d’un service d’urgence sur le secteur ; service intégré dans le dispositif d’aide médicale d’urgence (SMUR) en collaboration avec les médecins de garde ; service devant aussi être amené à évoluer vers un service de « premier recours » comme l’avait évoqué précédemment le Dr VITTOZ.
- Les difficultés de prise en charge des malades relevant de la psychiatrie et des centres médico-psychologiques (CMP). On retrouve encore ici la problématique du manque de spécialiste avec une attirance des médecins pour l’exercice libéral. Là encore, l’hôpital doit jouer un rôle en collaboration avec les structures centralisées à Bassens.
- l’accueil futur des malades ALZHEIMER dans des structures adaptées, pour lequel l’Hôpital a déjà mis en place des services adaptés (accueil de jour) mais qui devront y être développés notamment en termes de structures performantes, mais aussi des services d’aide à domicile.
- la non compréhension, par le personnel de la maternité, à l’idée de voir fermer un service dont la qualité et le professionnalisme ont été maintes fois rappelés, notamment en terme de suivi des nouveau-nés.
- l’incontournable problème de la diminution des médecins anesthésistes, obstétriciens rendant nécessaire un regroupement des structures pour le maintien d’une maternité sur le secteur d’Aix (selon l’avis de certains experts)
A la suite de ces échanges entre la salle et les experts, le journaliste a souhaité faire s’exprimer ces derniers sur les perspectives futures et les scénarios, voir les solutions possibles pour l’hôpital. Devant le manque de « visibilité » actuelle aucun de ceux –ci n’a souhaité se prêter au jeu des pronostics.
La fin de la soirée étant arrivée au grand dam de ceux qui n’avaient pu s’exprimer, Mr LANIER donna la parole à monsieur Dominique DORD, Député-Maire d’Aix les Bains :
Après avoir fait un rapide résumé des échanges et promis de renouveler ces rencontres, Monsieur DORD n’a pu que constater le caractère « incontournable » de la problématique financière de l’hôpital (que la ville ne pourrait « subventionner » éternellement), de même que la situation de la démographie médicale
Il a alors évoqué la nécessité, selon lui absolue, de ne pas rester les bras croisée devant cette situation et dés à présent de préparer des propositions afin de garder l’Hôpital d’ Aix les Bains, et le maintien d’une maternité sur le bassin Aixois
Après avoir écarté la solution d’une maternité CPPR, car non souhaitée, il a évoqué l’idée d’une demande de subvention gouvernementale pour permettre la mise en place d’une structure adaptée sur le site de la future clinique, structure répondant à la qualité et la sécurité des soins, mais aussi permettant d’attirer les futurs médecins par la diversité et la qualité des services. Il a promis de s’attacher dés à présent à cette démarche.
Commentaire personnel de l’auteur :
Quelle sera la position du Maire en absence de subvention public, hypothèse plus que probable ?
- favorisera t’il la mise en place d’une maternité privé grâce aux fonds privés du « groupe Générale de santé »
- s’orientera t’il vers une maternité de type public type CPPR ?
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