Une grande enquête a été lancée
sur l'état des tunnels en France après l'accident du tunnel du Mont-Blanc en mars 1999 qui avait fait 39 morts. D'après cette enquête, le tunnel du Chat, long de 1486 m, fait partie des plus
dangereux et des mesures de sécurité ont dû être prises : la vitesse autorisée de 70 km/h a été ramenée à 50 km/h dès mai 1999 ; l'interdistance de 100 m rendue obligatoire en août 1999 pour
tous les véhicules de plus de 3,5 tonnes, et de 50 m pour les véhicules légers ; en février 2002, un arrêté préfectoral a interdit
l'accès de ce tunnel aux poids lourds de plus de 7,5 tonnes, d'une hauteur supérieure à 3,50 m ou d'une largeur supérieure à 2,35 m, excepté pour sept entreprises du canton de Yenne ayant obtenu
une dérogation nominative.
Le Conseil général de la Savoie a travaillé sur quatre projets de travaux de sécurité afin de rendre le tunnel du Chat conforme à la réglementation ministérielle.
Deux de ces projets étaient techniquement et financièrement équivalentes : le percement d'une galerie de sécurité en parallèle du tube existant (à droite en arrivant de Chambéry) ; ou deux tubes voués au trafic routier avec un sens de circulation par tube, chacun servant de galerie de secours, pour un coût de 41 millions d'euros. Mais, seulement une seule répondait à la volonté du Conseil général de maîtriser le trafic des poids lourds. C'est donc le percement d'une galerie de sécurité qui a été retenu comme la meilleure option. Les usagers accéderont à la galerie de sécurité par des SAS pressurisés tous les 300-400 mètres. Large de 3,5 m et haut de 3 mètres, le nouveau tube permettra l'accès à un véhicule de sécurité pour les évacuer. Les vélos pourront également l'emprunter en temps normal.
Le tunnel existant verra ses trottoirs élargis ce qui nécessitera la fermeture du tunnel durant trois-quatre mois. Le conseil général devra débourser 35 millions d'euros, c'est le prix minimum pour sécuriser ce tunnel. Il avait été envisagé aussi d'utiliser le tunnel existant comme galerie de secours et de creuser un nouveau tube pour le trafic routier. Mais large de 8,50 m, il n'aurait pu être réalisé qu'à gauche de l'ouvrage actuel (côté Bourdeau) là où l'activité touristique et économique est florissante. Ce projet aurait coûté 56 millions d'euros pour une durée de travaux plus longue.
Enfin, le scénario le moins viable proposait la création d'une micro-galerie de sécurité en voute, nécessitant un tunnel au gabarit plus large et plus haut. C'était la solution la moins bonne et la plus chère (70 millions d'euros). Les travaux auraient nécessité la fermeture du tunnel durant 16 mois.
De nombreux élus des communes concernées étaient inquiets de voir avec le doublement du tunnel du Chat le retour d'un important trafic de poids lourds. Néanmoins, les dérogations pourraient être élargies au profit des cars de tourisme, des lignes régulières et des poids lourds des entreprises du canton de Chindrieux, soit en moyenne 150 véhicules de plus de 7,5 tonnes qui franchiraient chaque jour le tunnel, contre 60 actuellement et 1300 poids lourds avant la mise en place des réglementations.
Une concertation publique aura lieu jusqu'au mois de septembre puis le projet devra être accepté par une commission nationale composée d'experts et de représentants des collectivités. Pour cela, un dossier de sécurité devrait être présenté entre octobre et décembre. Après, seulement, seront engagées les études d'exécution programmées sur 2010-2011 qui conduiront à une enquête publique. Les premières négociations foncières avec les propriétaires des terrains concernés par les travaux devraient débuter début 2010. Les travaux pourraient commencer en 2012 et devraient durer deux ans.

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